Le mélilot officinal

Le nom de mélilot témoigne du grand interêt méllifére de cette plante, trés courtisée par les abeilles. Elle attire aussi un large spectre de guépes qui sont les bienvenues comme prédatrices des parasites potentiels.
Les autres noms vernaculaires sont nombreux : mélilot jaune, petit-trèfle jaune, couronne royale, luzerne bâtarde, trèfle des mouches, tréfle de cheval, herbe aux puces, thé de jardin, casse lunette .
Cette légumineuse est spontanée et largement répandue dans le Diois comme dans toutes les régions tempérées d’Europe, avec une adaptation trés large à des climats et des sols variés.
Comme les aspérules, les berces, les angéliques ou encore la canelle, les mélilots contiennent de la coumarine , substance antiœdématique et anticoagulante . D’autres principes actifs sont présents : la saponine, des tannins, du mucilage, des flavonoïdes ( anti-inflammatoires ) et enfin des huiles essentielles.
Les indications thérapeutiques sont nombreuses :
maintien du tonus veineux
troubles circulatoires veineux et capillaires : Jambes lourdes - Œdème des membres inférieurs - Varices - Hémorroïdes - Séquelles de phlébite - Fragilité capillaire ( purpura et couperose).
douleurs spasmodiques gastriques et intestinales.
inflammations oculaires et des paupières en général (blépharite, irritation, etc.) et fatigue oculaire, ce qui vaut au mélilot son nom de casse lunette.
Attention ! Sous l’action des rayonnements ultraviolets, certaines personnes développent des allergies à la coumarine, notamment à la période des foins. Son oxydation génère également des dérivés anticoagulants, qui peuvent entraîner des hémorragies chez les herbivores qui en consomment. Et n’abusez pas de l’infusion de mélilot, qui peut provoquer des maux de tête ...
En agriculture biologique , la culture du mélilot , alternative à la luzerne, présente un intérêt certain dans la rotation, comme précédent des céréales :
Sa rusticité, sa résistance à la sécheresse comme à l’humidité, son adaptation à la montagne ( jusqu’à 2000 m d’altitude ), sa préférence marquée pour les sols calcaires nous font considérer cette plante avec beaucoup de sympathie !
Son systéme racinaire trés puissant lui permet de forcer des
horizons argileux durcis ou compactés . Il aurait également la faculté d’assimiler des formes insolubles de phospore et de potasse inaccessibles aux autres plantes .
Et comme la plupart des légumineuses, ses racines contiennent des nodosités , résultat d’une symbiose avec un rhizobium qui est une bactérie fixatrice de l’azote de l’air.

